Marco

Marco
Quand Marco passait, tous les jeunes hommes
Se penchaient pour voir ses yeux, des Sodomes
Où les feux d'amour brûlaient sans pitié
Ta pauvre cahute, ô froide Amitié;
Tout autour dansaient des parfums mystiques
Où l'âme en pleurant s'anéantissait;
Sur ses cheveux roux un charme glissait;
Sa robe rendait d'étranges musiques
Quand Marco passait.

Quand Marco chantait, ses mains, sur l'ivoire,
Évoquaient souvent la profondeur noire
Des airs primitifs que nul n'a redits,
Et sa voix montait dans les paradis
De la symphonie immense des rêves,
Et l'enthousiasme alors transportait
Vers de cieux connus quiconque écoutait
Ce timbre d'argent qui vibrait sans trêves,
Quand Marco chantait.

Quand Marco pleurait, ses terribles larmes
Défiaient l'éclat des plus belles armes;
Ses lèvres de sang fonçaient leur carmin
Et son désespoir n'avait rien d'humain;
Pareil au foyer que l'huile exaspère,
Son courroux croissait, rouge, et l'on aurait
Dit d'une lionne à l'âpre forêt
Communiquant sa terrible colère,
Quand Marco pleurait.

Quand Marco dansait, sa jupe moirée
Allait et venait comme une marée,
et, tel qu'un bambou flexible, son flanc
Se tordait, faisant saillir son sein blanc :
Un éclair partait. Sa jambe de marbre,
Emphatiquement cynique, haussait
Ses mates splendeurs, et cela faisait
Le bruit du vent de la nuit dans un arbre,
Quand Marco dansait.

Quand Marco dormait, oh! quels parfums d'ambre
Et de chairs mêlés opprimaient la chambre!
Sous les draps la ligne exquise du dos
Ondulait, et dans l'ombre des rideaux
L'haleine montait, rhythmique et légère;
Un sommeil heureux et calme fermait
Ses yeux, et ce doux mystère charmait
Les vagues objets parmi l'étagère,
Quand Marco dormait.

Mais quand elle aimait, des flots de luxure
Débordaient, ainsi que d'une blessure
Sort un sang vermeil qui fume et qui bout,
De ce corps cruel que son crime absout;
Le torrent rompait les digues de l'âme,
Noyait la pensée, et bouleversait
Tout sur son passage, et rebondissait
Souple et dévorant comme de la flamme,
Et puis se glaçait.

# Posté le mercredi 20 septembre 2006 08:39

Effet de nuit

Effet de nuit
La nuit. La pluie. Un ciel blafardque déchiquette
De flèches et de tours à jour la silhouette
D'une ville gothique éteinte au lointain gris.
La plaine. Un gibet plein de pendus rabougris
Secoués par le bec avide des corneilles
Et dansant dans l'air noir des gigues nonpareilles,
Tandis que leurs pieds sont la pâture des loups.
Quelques buissons d'épine épars, et quelques houx
Dressant l'horreur de leur feuillage à droite, à gauche,
Sur le fuligineux fouillis d'un fond d'ébauche.
Et puis, autour de trois livides prisonniers
Qui vont pieds nus, un gros de hauts pertuisaniers
En marche, et leurs fers droits, comme des fers de herse,
Luisent à contresens des lances de l'averse.
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# Posté le mercredi 20 septembre 2006 08:36

Femme du monde

Femme du monde
Elle venait de nulle part
Cette voix cassée
Chanteuse de Blues
Elle laissait tomber
De ses lèvres épaisses et rouge sang

Je suis MORTE!
Ils m'ont tuée
J'ai cent ans et plus

Elle avait ce balancement
des hanches désabusées
Ils trouvaient ça beau
Des yeux remplis de poussière
Elle disait
Voix éraillée
Buveuse de Gin

Je ne voix plus bien
Ils m'ont usée
Mille ans et plus

Elle ouvrait grand ses bras
Voix brouillée
Fumeuse de misère

Je ne veux plus de mère
Plus d'enfant
J'ai fini d'être une esclave

Elle parlait seule
Assise sur son grabat
Elle pensait au temps passé
Reine de beauté des concours à deux sous
Elle chantait

Reviens-moi Baby
Oh, Baby
Je vais bientôt partir

Et elle attendait la mort

# Posté le mercredi 20 septembre 2006 08:01

Tu es mon frére et ma soeur

Tu  es mon frére et ma soeur
Où que tu sois
En Afrique
En Amérique
En Europe
En Asie
En Australie
Tu es mon frère. Tu es ma soeur.

Qui que tu sois
Tu es Noir
Tu es Blanc
Tu es Jaune
Tu es Rouge
Tu es mon frère. Tu es ma soeur.

Tu es Chrétien(ne)
Tu es Juif(ve)
Tu es Musulman(e)
Tu es Indou
Tu es Boudhiste
Tu es Animiste
Tu es Athée
Tu es... Tu es... Tu es...
Tu es toujours mon frère.
Tu es toujours ma soeur.

Tu es riche, tu es pauvre
Cela n'a pas d'importance
Tu es mon frère. Tu es ma soeur.
Tu ne veux pas me voir
Tu ne veux pas me sentir
Je ne parle pas la même langue que toi
Je n'ai pas le même comportement que toi
Je n'ai pas les mêmes habitudes que toi
Mais tu es toujours mon frère
Tu es toujours ma soeur.

Je t'ai causé du tort
Je n'ai pas su te l'avouer
J'ai pris ce qui est à toi
J'ai mal parlé de toi
Je t'ai fait ce que tu n'aimes pas
Je l'ai fait à volonté
Je ne l'ai peut-être pas fait à volonté

Tu es et demeures mon frère
Tu es et demeures ma soeur
Inutile de nous quereller
Inutile de nous battre
Inutile de nous couler du sang
Je te demande pardon
Pardon mon frère
Pardon ma soeur
Pardon! Pardon! Pardon!

# Posté le mercredi 20 septembre 2006 07:58

A toi,oui a toi

A toi,oui a toi
A toi qui me regardes
A toi qui me lis
A toi qui m'écoutes
A toi qui m'entends
Je m'adresse à toi.

A toi qui me connais
A toi qui ne me connais pas
A toi qui n'as jamais entendu parler de moi
J'ai quelque chose de bien de toi.

Prête moi ton attention
Donne moi un peu de ton temps
Juste un peu de ton temps
Pour entendre ce que j'ai de toi.

Oui,j'ai quelque chose de bien de toi
Tu es Blanc
Tu es Noir
Tu es Gens de couleur
Tu es "Belobo-lobo"*
J'ai quelque chose de toi:


J'ai mon sang, ce sang
Qui circule dans mon corps
A la même couleur que le sang
Qui circule dans ton corps
Oui, ton sang a la même couleur
Que mon sang
La même couleur
La même composition.

Si tu veux
Tirer la conclusion,
Tu es donc libre!
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# Posté le mercredi 20 septembre 2006 07:39